Récemment le sucre était une nouvelle fois présent dans l’actualité en Suisse. De l’initiative pour limiter le sucre dans les boissons et dans les aliments ultra-transformés à Genève à la taxe Européenne, les tentatives pour limiter le sucre dans les aliments refont surface. Le sucre est-il réellement mauvais ? Que peut-on faire ? Consomme-t-on aujourd’hui trop de sucre en Suisse ? On fait le point.

1/ Introduction

A / Qu’est-ce qu’est le sucre exactement ?

Le sucre fait partie des glucides. On l’a parfois appelé sucre rapide mais le terme n’existe pas officiellement. D’un point de vue chimique, le sucre est une molécule de saccharose. Les sucres comprennent les monosaccharides et disaccharides.

Les sucres ont leur place (de manière proportionnée) dans une alimentation équilibrée. Le problème vient quand le produit contient “des sucres ajoutées”, aussi appelé “sucres libres”.


B / Comment reconnaître les sucres ?

De nombreuses molécules font parties des sucres. C’est pour cela que sur un étiquetage nutritionnel, la mention « dont sucres » englobe tous les « oses » comme le fructose, saccharose, glucose, maltose et lactose. Donc pour les reconnaitre, cherchez les mots “sucre”, “miel” ou ceux terminant en “-ose”.


C / A-t-on toujours mangé du sucre ?

Oui ! Le métabolisme du sucre est indispensable pour le corps, notamment le cerveau. S’il n’y a pas assez de glucose dans le cerveau, par exemple, les neurotransmetteurs, les messagers chimiques du cerveau, ne sont pas produits et la communication entre les neurones est interrompue. La problématique vient du fait de l’excès de sucre dans le corps notamment l’augmentation de la consommation de sucre ajouté dans les pays industrialisés. Lors de larévolution industrielle a eu lieu la démocratisation de la consommation de sucre en Europe. Nous sommes passés d’une consommation négligeable pendant toute l’histoire de l’humanité à environ 20% de l’apport calorifique aujourd’hui.

Consommation du sucre à travers le temps

Figure 1 : Consommation du sucre à travers le temps.
Source : Pierre Dockès, Le Sucre et les Larmes : Bref essai d’histoire et de mondialisation, Descartes & Cie, 2009 (ISBN2844461344)

2/ La problématique de la consommation de sucre en Suisse et dans le monde

Le sucre est très présent dans les produits de consommation quotidienne (Figure 2).
C’est pourquoi l’Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle les pays à baisser l’apport en sucre et recommande de réduire la consommation de sucre à 10 % au plus de l’apport énergétique. Ce qui correspond à 50 g pour un apport de 2000 kcal par jour et par personne.

En suisse, on estime la consommation de sucre par personne à plus de 20% de l’apport énergétique, soit environ 110 g par personne et par jour. Il y a donc une surconsommation qui s’explique par l’augmentation de la consommation d’aliments ultra-transformés et de boissons sucrées.

Au niveau mondial, il y a des disparités quant à la consommation de sucre, avec par exemple 8% de la consommation énergétique totale en Norvège contre 17% en Espagne. L’apport varie non seulement selon le pays et la situation mais aussi selon l’âge (généralement plus élevé chez les enfants). (1)

Le sucre de les boissons dans les pays européens.

Figure 2 : Le sucre de les boissons dans les pays européens.
Source : https://www.letemps.ch/sciences/sucre-sodas-suisses

3/ Le point sur la santé, les mythes sur le sucre

Mythe n°1 : tant qu’on ne grossit pas, on peut manger du sucre ou le seul problème avec le sucre est qu’il fait grossir.

C’est une idée reçu. Les liens entre la consommation de sucre et divers problèmes de santé sont bien plus complexes. Selon un rapport de l’OMS, elle augmente le risque de maladies non-transmissibles et serait l’une des premières causes de maladies cardio-vasculaires. De manière indirecte, elle est liée à une alimentation non équilibrée. Le sucre ne fait pas seulement grossir, il rend malade.


Mythe n°2 : il vaut mieux consommer du sucre que des gras saturés.

Ce n’est pas ce que suggèrent les études scientifiques. Dans une analyse systématique et une méta-analyse [une analyse d’une compilation d’études scientifiques], les chercheurs ont conclu que “les données actuelles ne permettent pas de conclure à une recommandation de faible consommation d’acide gras saturés”. Alors qu’une relation a été établie avec le sucre et les mortalité due aux maladies cardiovasculaire.


Mythe n°3 : En Suisse nous mangeons moins de sucre que nos voisins.

La Suisse est plutôt une mauvaise élève parmi ses voisins européens avec 110g de sucre par jour et par personne. Pour l’Italie c’est 82g, la France 91g et l’Espagne 76g (1).

Ventes des boissons sucrées dans le monde

Figure 3. Ventes des boissons sucrées dans le monde.
Source : https://iucpq.qc.ca/sites/default/files/communiquepresse_barometreiccr_final.pdf

Mythe n°4 : Le sucre, ce n’est pas addictif.

C’est un débat ouvert. Certains chercheurs ont publié des études montrant que ce sont les mêmes parties du cerveau chez le rat qui sont activés par la cocaïne ou l’héroïne. Des études doivent encore être menées avant de conclure.


Mythe n°5 : les sucres ajoutés sont nécessaire pour le cerveau.

Le glucose est indispensable pour le cerveau, pas les sucres ajoutés ! Nous pouvons obtenir tout ce dont nous avons besoin dans des aliments non transformés et naturels. Nous l’avons vu précédemment, l’Homme se passe très bien de sucre ajouté, il le fait même depuis des siècles !


Mythe n°6 : le sirop de glucose-fructose est une bonne alternative pour remplacer le sucre.

Cela reste à démontrer. Des études affirment que l’effet du sirop de glucose-fructose sur la santé est négatif. Alors que la concentration de glucose dans le sang est régulée par l’insuline, le fructose n’est métabolisé que par le foie. La consommation de fructose engendrerait une accumulation de tissus adipeux et lipides dans différentes parties du corps. D’autre part, il induirait une sensation de satiété moindre.

4/ Impact environnemental

Enfin nous devons de mentionner l’impact environnemental du sucre. Selon la fondation World Wide Fund for Nature (WWF), la production de sucre a de graves conséquences pour notre air, notre sol, notre eau et notre faune. L’une des plus grandes préoccupations est que les sucreries polluent les cours d’eau. De plus, la production conventionnelle de canne à sucre et de betteraves sucrières nécessite des quantités massives de pesticides.

5/ Les solutions

Si, comme l’initiative à Genève, les taxes auraient un effet pour limiter le sucre dans les aliments, nous vous proposons des solutions à implémenter dès aujourd’hui :

Bibliographie