En cette période de fêtes de fin d’année, nous avons tendance à acheter et produire trop ! Cela se traduit souvent par des tonnes de sacs en plastique, d’emballages cadeaux, de boîtes, etc., à jeter. Les excédents alimentaires représentent une part importante de ces déchets.
EcoCook profite de cette occasion pour faire le point sur la problématique du gaspillage alimentaire.

Tout d’abord quelques données importantes.

  • Au niveau mondial, environ 1 tiers des aliments destinés à la consommation humaine est perdu chaque année. Cela représente dans l’UE environ 88 millions de tonnes d’aliments gaspillées par année et 170 millions de tonnes de CO2 libérés par la production et l’élimination des déchets alimentaires. [1]

  • Les déchets sont générés tout au long de la chaîne depuis la production, distribution jusqu’à la consommation des aliments. Les secteurs qui contribuent le plus au gaspillage alimentaire dans l’UE sont les ménages (53%), le secteur de la transformation des aliments (19%), les services alimentaires (12%), la production primaire (11%) et la vente en gros et au détail avec 5%. [1]

  • En tenant compte de toutes les étapes de la filière alimentaire suisse, 2,8 millions de tonnes de pertes alimentaires évitables sont produits actuellement. Cela revient à environ 330 kg de déchets alimentaires évitables par personne par an ou à 37% de la production agricole en Suisse et à l’étranger couvrant la demande des consommateurs suisses [2]. Malheureusement, environ un tiers des sacs-poubelle en Suisse est composé de biodéchets et environ la moitié de ces déchets sont des aliments encore comestibles [5].

  • Le gaspillage alimentaire ne génère pas seulement des émissions de gaz à effet de serre mais a aussi un impact sur la biodiversité, l’utilisation des sols et la consommation d’eau. [2]

  • L’utilisation des terres pour la culture des denrées alimentaires jetées représente plus de la moitié des terres agricoles suisses. Ces terrains supplémentaires nécessaires pour la production de denrées par la suite jetées ne constituent plus des habitats naturels pour la faune et la flore et participent à la baisse de la biodiversité suisse.[2] [7] [8]

  • Les pertes alimentaires évitables représentent 25 % de l’impact environnemental dû à l’alimentation en Suisse [2]. Cela correspond aussi à 50% de l’impact environnemental causé par le trafic individuel motorisé. [6]

  • En Suisse, dans le domaine de la restauration, la plus grande partie des déchets alimentaires proviennent des restaurants et des hôtels, avec 290 000 tonnes de déchets par an. Pour l’ensemble du secteur de la restauration, on part du principe que la plupart des déchets alimentaires évitables proviennent de la préparation de quantités excessives ou des restes. Environ 68 % de la quantité totale de ces déchets pourrait être évité chaque année.[3]

  • Il faut savoir que le traitement des déchets alimentaires a un coût financier. En Suisse, « la restauration dépense près de 20 millions de francs par an pour le traitement de ses déchets (méthanisation et compostage). Si l’on ajoute le coût des marchandises, estimé en gros à 5,50 CHF le kilo, cela représente 1 milliard de francs perdus chaque année dans le secteur de la restauration». [4]

  • Sachant que la part des déchets alimentaires produits par les ménages est la plus importante et que ces déchets proviennent principalement des produits finaux avec forte valeur ajoutée et fort impact environnemental, car la chaîne de production est plus longue pour les produire, c’est aux ménages, consommateurs et vendeurs finaux de faire un effort et de réduire leurs déchets alimentaires. [2] [5]

Mais que pouvons-nous faire pour éviter le gaspillage des aliments ?
Voici quelques astuces :

  • Planification et gestion du stock

    • Maintenir un inventaire alimentaire à jour
    • Planifier le nombre de repas par semaine avec le nombre de personnes présentes
    • Ajuster les achats selon le stock et la planification de la semaine
    • Avoir un système de suivi des dates de conservation et de péremption adapté à chaque type d’aliment et selon sa rapidité de dégradation
    • Appliquer la méthode de gestion des stocks FIFO (« First In First Out », littéralement en français premier entré premier sorti). Le but est de faire sortir les produits et matières premières par ordre d’entrée en stock.
  • Privilégier la qualité à la quantité

  • Proposer le pain au lieu de le servir systématiquement

  • Proposer les accompagnements au lieu de les servir systématiquement

  • Buffet : présenter des petites assiettes

  • Offrer des demi-portions

  • Conserver les restes dans un récipient réutilisable

  • Valoriser vos déchets alimentaires pour produire du biogaz ou du compost
  • Faire preuve de créativité culinaire pour valoriser les restes par exemple sous forme de tarte ou gratin, en cuisinant des confitures avec les fruits fatigués

Bibliographie