Actuellement, les gens accordent de plus en plus d’attention à l’impact environnemental de tout ce qu’ils font au quotidien, de la nourriture qu’ils achètent au supermarché à la façon dont ils se rendent au travail et en vacances.

Quels sont les chiffres réels de ces tendances ? Nous lançons toute une série d’articles pour couvrir ces chiffres. Les résultats sont prometteurs !

1. Quelle est l’importance de la « durabilité » dans nos paniers d’achat ?

1.1. Suisse

Lorsqu’il s’agit d’acheter des aliments, nous prenons tous en compte de nombreux aspects pour faire le choix final : qualité, saisonnalité, origine, disponibilité et, bien sûr, prix. Maintenant, quelle est l’importance pour les consommateurs suisses que le produit soit « durable » par rapport à tout le reste ? Une étude menée par Deloitte (1) en Suisse montre les résultats suivants :

  • 79 % des consommateurs suisses interrogés déclarent que les questions de durabilité ont une certaine influence sur leurs habitudes alimentaires, alors que la moyenne dans l’UE est de 59 %.
  • 55% estiment que le côté de l’offre (qui comprend les producteurs de denrées alimentaires, les détaillants et les grossistes) est responsable de la réalisation du développement durable dans le secteur de l’alimentation et de la nutrition.
  • 62% des consommateurs souhaiteraient avoir plus d’informations sur l’impact de leur panier d’achat sur l’environnement et la société.
  • 52 % des personnes interrogées indiquent que le principal obstacle à une alimentation plus durable est le coût plus élevé des aliments durables.
Vente d’aliments Bio dans le monde de 1999 à 2018 (en milliards de dollars)

Tendances des consommateurs en matière d’alimentation durable(1)

1.2. Qu’en est-il du reste de l’Europe ?

Une enquête coordonnée par le BEUC(2) a révélé des informations intéressantes sur les choix alimentaires en Europe :

  • Perception : même si la plupart des consommateurs sont conscients de l’impact environnemental des pratiques alimentaires en général, ils ont tendance à sous-estimer l’impact de leurs propres habitudes alimentaires sur l’environnement.
  • Volonté de changement : 2/3 des consommateurs sont prêts à changer leurs habitudes alimentaires pour être plus durables.
  • Viande : plus de 40% des consommateurs disent avoir arrêté de manger de la viande rouge ou avoir réduit leur consommation en raison de préoccupations environnementales. Cela représente près de la moitié de la population !
  • Rôle du gouvernement : seuls 16% des consommateurs estiment que leur gouvernement en fait assez pour encourager la durabilité alimentaire en termes de consommation et de production.

Nous pouvons constater qu’un changement des habitudes alimentaires des consommateurs en faveur de l’environnement est en train de se produire, puisque plus de 60 % des Européens veulent commencer (ou ont déjà commencé) à manger de manière plus durable. C’est une excellente nouvelle ! Cependant, pour réussir, les gens auront besoin de plus d’informations, de plus d’options et de plus de clarté en ce qui concerne les produits et les choix alimentaires durables. Les principaux obstacles à surmonter sont les suivants :

  • Prix : les options durables ont tendance à être plus chères. MAIS, le prix réel de la nourriture non durable et de la junk food est-il disponible ?
  • Manque de connaissances et informations peu claires : il n’y a pas assez d’informations sur la nutrition durable (32%) et l’étiquetage des aliments ne couvre pas impérativement la durabilité (30%). Il existe des initiatives qui traitent de cette question, mais elles ne sont pas obligatoires, tout comme le sont les informations nutritionnelles dans l’industrie alimentaire.
  • Choix limité d’options durables : d’après le rapport, c’est ce qui, selon la plupart des consommateurs, les empêche de manger plus durablement. En Suisse, près de deux tiers (64%) des personnes interrogées souhaiteraient que le commerce de détail propose une offre plus large d’aliments durables.

2. Dans ce contexte, comment change-t-elle notre façon de manger et de cuisiner ?

Une transformation puissante qui s’est développée au cours des dernières années est le changement des habitudes alimentaires des gens. Les végétaliens, les végétariens et les flexitariens se multiplient dans le monde entier, désireux de prendre soin de leur santé et de l’environnement, ainsi que du bien-être des animaux.

Au niveau mondial, la population flexitarienne (les personnes qui essaient de limiter leur consommation de produits animaux) est la plus importante, puisqu’elle avoisine les 25 %. Ce sont elles qui sont à l’origine du passage d’une alimentation animale à une alimentation végétale. (3)

2.1. Espagne

Suivre un régime à base de plantes n’est pas si nouveau, mais cette tendance continue de se répandre rapidement et de manière progressive (4) :

  • 30% des personnes suivent un régime végétarien depuis 1 à 3 ans, 25% depuis 3 à 5 ans et 20% depuis 5 à 10 ans. Cependant, 17 % ont changé de régime alimentaire il y a moins d’un an.
  • Régime flexitarien: 42% des végétaliens avaient précédemment adopté un régime végétarien et 13% un régime flexitarien. En outre, plus de la moitié des personnes qui suivent un régime flexitarien et végétarien sont prêtes à adopter un régime végétalien.

Qu’en est-il de l’âge ?
Il est vrai que les personnes plus jeunes sont plus susceptibles de passer à un régime à base de plantes, mais les chiffres suivants pourraient vous surprendre :

  • 44 % de la population flexitarienne est âgée de 25 à 34 ans et 27 % de 35 à 44 ans.
  • 44 % de la population végétarienne se situe également dans la tranche d’âge des 25-34 ans, mais contrairement à la population flexitarienne, le deuxième groupe le plus important (29 %) est celui des 18-24 ans.
  • En ce qui concerne la population végétalienne, 44 % sont âgés de 25 à 34 ans, 25 % se situent dans la tranche d’âge 35-44 ans, ce qui est assez surprenant, et la tranche d’âge 18-24 ans ne représente que 17 %.

Un autre fait intéressant concernant la population veggie espagnole est que la majorité est féminine : 83 % des flexitariens, 87 % des végétariennes et 79 % des végétaliennes.

2.2. Europe

Une étude menée en 2021 en Europe auprès de 5 300 consommateurs a donné les résultats suivants concernant les habitudes alimentaires et d’achat (5):

  • Plus de 50 % des personnes non végétaliennes en Allemagne ont pour objectif de réduire leur consommation de produits animaux.
  • Plus de 80 % des végétariens veulent devenir végétaliens.
  • Les alternatives végétaliennes au lait sont le type de produits alternatifs le plus acheté.
  • 1/5 des Européens est déjà flexitarien et plus d’1/3 peut concevoir de manger de la viande et du fromage cultivés en laboratoire.

De manière générale, l’étude montre que la plupart des Européens sont devenus (ou ont l’intention de devenir) flexitariens. Ils représentent la majorité après les omnivores, ce qui reflète la sensibilisation accrue au changement climatique et aux questions de santé.

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Les habitudes alimentaires dans différents pays européens (6)

2.3. Suisse

Voici les résultats d’une enquête sur les végétariens et les végétaliens en Suisse en 2021 (7):

  • En 2021, il y avait 5% de végétaliens et de végétariens en Suisse.
  • Environ 1% des personnes étaient végétaliennes : 83,3% de femmes et 53,8% de personnes ayant un diplôme de l’enseignement supérieur.
  • 1,2% des personnes âgées de 14 à 34 ans étaient végétaliennes, alors qu’elles ne représentaient que 0,2% des personnes âgées de 55 ans et plus.
  • Près de 25 % des flexitariens
  • 53 % des végétariens ont déclaré qu’ils achèteraient des aliments biologiques dans la mesure du possible et 58 % des aliments portant un label de commerce équitable.

3. Néanmoins, ce n’est PAS SUFFISANT Que peut-on faire ? Ou ce qui DOIT être fait ?

Comment chaque acteur de la chaîne alimentaire peut-il apporter sa contribution ? Voici quelques-uns des points relevés par l’étude de Deloitte(1) :

3.1. En tant que producteur/prestataire

  • Profiter de la demande d’aliments durables : les commerçants peuvent profiter de l’influence de la durabilité sur les habitudes des consommateurs et devraient être à l’écoute de leurs besoins afin de vendre une plus grande variété de produits alimentaires durables.
  • Faciliter le changement vers des habitudes alimentaires plus durables : il existe certains moyens de rendre moins coûteux le fait de manger plus durablement. Par exemple, passer de la viande produite de manière conventionnelle à des substituts de viande à base de plantes permet aux consommateurs de dépenser moins d’argent tout en protégeant l’environnement. Attention à l’équilibre nutritionnel car certaines alternatives ne sont vraiment PAS SAINES.
  • Réduire les déchets alimentaires : il est essentiel de prendre en compte tous les déchets générés tout au long de la chaîne alimentaire et d’identifier les meilleures pratiques pour chaque cas.
  • Montrer aux consommateurs la valeur ajoutée de la durabilité : les consommateurs doivent être informés de l’impact de ce qu’ils achètent, afin qu’ils soient prêts à payer la différence par rapport aux produits ordinaires. Nous pouvons également espérer un système économique qui pénalise les « produits non durables » et aide les producteurs financièrement durables, ce qui se traduit par la disponibilité de produits durables du point de vue des « prix ».
Vente d’aliments Bio dans le monde de 1999 à 2018 (en milliards de dollars)

Comment les émissions de CO2 de la chaîne d’approvisionnement diffèrent selon le produit alimentaire

3.2. En tant que décideur politique

  • Rendre obligatoire l’information sur les impacts environnementaux et sociaux des aliments : les consommateurs doivent pouvoir disposer d’informations claires, transparentes et indépendantes sur les produits alimentaires bruts, les services alimentaires, les menus des restaurants et les niveaux de durabilité globale des restaurants, de la même manière que cela se fait pour les valeurs nutritionnelles.
  • Refléter les coûts réels dans les prix : les coûts environnementaux et sociaux liés au cycle de vie des aliments doivent également être reflétés dans les prix. Ces coûts supplémentaires peuvent être identifiés et indiqués sur les emballages des aliments afin d’aider les consommateurs à faire des choix durables. Il en va de même pour les menus et le niveau de durabilité des restaurants.
  • Éduquer le public et sensibiliser les consommateurs : il est essentiel que les gens soient informés des différents impacts des produits alimentaires, qu’il s’agisse des émissions de carbone, de la pollution environnementale, du commerce équitable, de l’utilisation de pesticides ou du gaspillage alimentaire.
  • Mettre en place des encouragements à l’agriculture durable : plus des deux tiers des consommateurs (69%) estiment que les subventions et autres mesures d’encouragement à l’agriculture devraient favoriser une production alimentaire plus durable. Les responsables politiques devraient également prendre en compte un certain nombre de facteurs tels que les émissions de gaz à effet de serre, les pesticides et l’érosion des sols.

3.3. En tant que consommateur

  • Rechercher des informations : étant donné que l’un des principaux obstacles à une alimentation plus durable est le manque d’informations, il faut prendre le temps de rechercher les données déjà disponibles. Par exemple, si vous recherchez des faits sur le changement climatique sur Google Search, vous obtiendrez des informations provenant de sources fiables telles que les Nations Unies.
  • Suivez un régime alimentaire sain : un régime alimentaire sain vous permettra non seulement de vous sentir mieux et d’améliorer votre qualité de vie, mais sera également bénéfique pour l’environnement. Par exemple, un régime sain signifie également une quantité limitée de calories et donc une quantité limitée de ressources pour produire, transporter, etc. ces calories. De même, les régimes alimentaires contenant une quantité moindre de calories provenant de la viande de ruminants (comme les vaches et les chèvres) peuvent contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en restant nutritionnellement adéquats (8). Il en va de même pour la plupart des produits d’origine animale. Selon les scientifiques, éviter la viande et les produits laitiers est le moyen le plus efficace de sauver la planète en réduisant notre empreinte carbone : « Si tous les habitants de la Terre passaient à un régime alimentaire à base de plantes, 75 % des terres agricoles de la planète seraient libérées et les émissions des systèmes alimentaires seraient réduites de moitié. » (9)

La Commission EAT-Lancet présenté le « régime sain planétaire » qui vise à favoriser un changement vers une alimentation à base de plantes : « une évolution mondiale vers des régimes alimentaires sains, une amélioration des pratiques de production alimentaire et une réduction des pertes et gaspillages de nourriture« . Selon le rapport, le passage à une alimentation saine permettrait d’éviter environ 11 millions de décès par an (ce qui équivaut à 19 à 24 % du nombre total de décès chez les adultes). (10)

Vente d’aliments Bio dans le monde de 1999 à 2018 (en milliards de dollars)

Objectifs scientifiques d’un régime alimentaire planétaire, avec fourchettes possibles, pour un apport de 2500 kcal/jour (10)

  • Commencez par des snacks durables : il existe des options durables prêtes à consommer qui peuvent être intégrées dans un mode de vie actif presque sans effort. « Recherchez des fournisseurs de snacks qui investissent dans des emballages recyclables, la compensation carbone et une chaîne d’approvisionnement raccourcie, de manière à réduire l’impact du transport tout en gardant les ingrédients frais et en préservant leur saveur, pour explorer tous les avantages climatiques de ces produits.” (11) Vous pouvez aussi vous contenter de trouver des noix bio ou des fruits frais (idéalement bio, locaux et de saison). Ceux-ci éviteront tous les impacts de la transformation et du transport.
  • Changez vos ingrédients : il existe tout un monde d’options innovantes qui peuvent être utilisées dans une cuisine plus écologique, par exemple :
    • Algues : elles sont neutres en carbone, proviennent de sources durables et sont bonnes pour la santé, car elles contiennent des acides gras essentiels, des vitamines et des antioxydants.
    • Cactus : les variétés comestibles sont riches en vitamines C et E, en caroténoïdes, en fibres et en acides aminés.
    • Des céréales peu communes : diversifier les sources de glucides avec des céréales comme l’amarante, le boulgour, le quinoa et le freekeh vous apportera plus de valeur nutritionnelle et contribuera également à améliorer la santé des sols et à préserver la biodiversité. Bien sûr, n’oubliez pas de toujours privilégier les produits locaux.
  • Faire les courses en pleine conscience et réduire le gaspillage alimentaire : la réduction du gaspillage alimentaire commence par une petite réflexion sur ce que nous achetons lorsque nous faisons les courses. Pour éviter que les aliments ne se gâtent (et aussi pour économiser de l’argent), il est essentiel de gérer judicieusement nos approvisionnements, de planifier nos repas et de n’acheter que ce dont nous avons besoin. Astuce ! Il existe de nombreuses applications qui aident les consommateurs de nombreuses villes à partager gratuitement des produits alimentaires afin de réduire le gaspillage alimentaire dans les foyers. D’autres applications aident les restaurateurs à gérer leurs déchets et, bien sûr, Too Good To Go.
Vente d’aliments Bio dans le monde de 1999 à 2018 (en milliards de dollars)

Raisons du gaspillage alimentaire par les ménages privés (2)

Vente d’aliments Bio dans le monde de 1999 à 2018 (en milliards de dollars)

Impact environnemental des pertes de denrées alimentaires le long de la chaîne de valeur alimentaire suisse, en milliers de milliards d’écopoints (EPs). Cela inclut les pertes dans les chaînes d’approvisionnement étrangères des aliments consommés en Suisse (perspective de consommation).(12)

En somme, il y a beaucoup de choses que nous pouvons faire à partir de notre place dans la société. Ce qu’il faut retenir, c’est que chaque petite action peut avoir un impact considérable.

Avec tout cela en tête, tout ce que nous voulons dire est que les tendances sont là. Le marché est prêt. Maintenant, tout ce dont nous avons besoin, c’est d’avoir tout le monde à bord et d’agir. Avec la plus petite action, si nous sommes tous partants, nous verrons un impact positif global. Et s’il vous plaît, n’oubliez pas que les recommandations doivent être intégrées petit à petit. C’est ainsi que l’on peut durer sur le long terme. Enfin, dans l’équation, c’est un must, il faut de la place pour l’INDULGENCE et le PLAISIR. C’est obligatoire dans toute approche « durable », à long terme et à impact positif.

Dans le prochain article, nous continuerons avec plus de chiffres intéressants.

 L’équipe d’EcoCook®